La démarche

DU PROBLÈME FONCIER À LA VALORISATION CARBONE

La Polynésie française dispose d'un patrimoine naturel considérable, structurellement empêché de se valoriser. TORA s'attaque aux trois obstacles simultanément.

Obstacle 1

L'indivision, verrou structurel du foncier polynésien

En Polynésie française, 57,6 % des terres sont en situation d'indivision c'est-à-dire détenues collectivement par plusieurs héritiers sans partage formalisé. Ce régime, héritage de l'histoire foncière locale, empêche tout propriétaire individuel d'engager sa parcelle dans un programme de valorisation sans accord de l'ensemble des co-indivisaires.

Pour les marchés carbone, qui exigent des engagements formels de gestion à long terme, cette situation rend la participation individuelle quasi-impossible. L'agrégation de mandats est la seule voie viable.

Obstacle 2

La sénescence des cocoteraies, un patrimoine écologique fragilisé

Les cocoteraies des Tuamotu vieillissent sans renouvellement systématique. Des palmeraies historiquement productives, sources de coprah pour les économies atollières, sont devenues sénescentes, réduisant à la fois leur valeur économique directe et leur potentiel d'absorption carbone.

Cette sénescence n'est pas irréversible : une gestion active et une régénération planifiée peuvent restaurer la capacité de stockage carbone et maintenir les fonctions écosystémiques des atolls. C'est précisément ce que financent les contributions carbone que TORA agrège.

Obstacle 3

L'isolement des propriétaires, une barrière d'accès aux marchés

Les propriétaires des Tuamotu sont dispersés sur des atolls distants de Papeete de 300 à 1 500 km. Accéder seul aux marchés carbone, qui exigent des certifications coûteuses, un MRV rigoureux et des volumes significatifs, est hors de portée d'un propriétaire individuel.

TORA joue le rôle d'intermédiaire : elle agrège les volumes, supporte les coûts de certification, conduit les inventaires terrain et les négociations avec les acheteurs, puis redistribue les revenus directement aux propriétaires mandants.

Les avantages compétitifs de TORA

Deux moats structurels

TORA s'appuie sur deux actifs difficiles à répliquer qui créent une position défensive durable.

Moat 1

OTIA, Le cadastre polynésien

OTIA (Office des Terres et de l'Infrastructure d'Accès) dispose du cadastre numérique exhaustif de la Polynésie française : 176 072 parcelles géoréférencées avec leurs droits de propriété. TORA est positionnée comme la couche de valorisation écologique et carbone complémentaire à OTIA, là où OTIA identifie les terres, TORA les valorise.

Cette intégration cadastrale donne à TORA un accès privilégié à la donnée foncière qui constitue le premier prérequis de tout programme carbone.

Moat 2

TBA, Terrain, Biologie, Acteurs

Le second moat est la connaissance terrain accumulée sur Raraka : relations avec les propriétaires locaux, données d'inventaire biologique, réseau de partenaires académiques (UPF, IRD) et institutionnels. Cette connaissance locale est long à construire et coûteuse à répliquer.

Les coefficients TBA sont en cours de calibration terrain (±30 % d'incertitude). Les estimations seront affinées après la mission Raraka.

Le processus

De l'identification à la redistribution

  1. 1

    Identification des parcelles éligibles

    Via OTIA : parcelles cocoteraies, droits vérifiés, propriétaires contactables.

  2. 2

    Signature des mandats

    Contrat de mandat formalisant l'engagement de gestion, le consentement éclairé et les modalités de redistribution.

  3. 3

    Inventaires terrain et MRV

    Mission terrain Raraka, imagerie Sentinel-2, calcul carbone versionné, rapport de monitoring.

  4. 4

    Vente des contributions

    Phase 1 : contributions impact non certifiées. Phase 2 (2027–2028) : certification Plan Vivo ou équivalent.

  5. 5

    Redistribution aux propriétaires

    50–60 % des revenus nets versés directement, 20–30 % au fonds de conservation, 15–20 % aux opérations.

Les contributions carbone présentées sont des estimations non certifiées. La certification Plan Vivo est visée pour 2027–2028.